La loi l’interdit, pourquoi ?

La loi précise « contre son gré ou non »

Les anciens disent toujours « on n’a obligé personne ». Ils étaient libres de refuser. Ce n’est pas vrai, le nouveau n’a pas le choix.

Il entre dans une nouvelle école, un milieu qu’il ne connait pas. Il est fragilisé et vulnérable. Il a peur d’être marginalisé ou de subir des représailles. Il n’a qu’un désir : « s’intégrer » alors il va accepter tout ce qu’on va lui demander de faire.

La loi précise « commettre ou subir »

On se sert d’un nouveau contre un autre nouveau.

Exemples :
On impose à un nouveau de simuler un acte sexuel avec une fille de sa promotion.
Quand un nouveau n’a pas réussi une épreuve c’est un autre nouveau qui est puni à sa place.

La loi parle de pratiques humiliantes ou dégradantes

Ce sont des actes qui gênent celui à qui on les inflige, qui lui font honte, mais qu’il n’ose pas refuser, qui portent atteinte à la dignité humaine, à sa dignité.

Dans le bizutage il n’y a jamais de « pas bien grave ». Pas bien grave pour qui ?
C’est à chacun d’entre nous de décider de ce qui est humiliant ou dégradant pour lui et à personne d’autre.
 Il n’existe pas d’échelle pour mesurer l’humiliation.. Des actes qui peuvent apparaitre « pas bien graves » pour certains peuvent l’être pour d’autres surtout quand ils sont subis sous les moqueries et le rire des anciens.

Exemples :
Il est humiliant pour une jeune fille de se voir imposer de marcher à quatre pattes en miaulant sous l’œil attentif des anciens.
Il est humiliant d’obliger un garçon ou une fille à se dévêtir.
Il est humiliant pour un sportif d’être obligé de porter le sac des anciens toute l’année.
Il est humiliant de poser aux nouveaux des questions sur leur vie intime
(source : témoignages reçus par le Comité National Contre le Bizutage)

La loi parle d’absorption massive d’alcool

Il est facile de dire que personne n’a été obligé de boire. Les nouveaux vont boire pour ne pas se singulariser même s’ils n’ont jamais bu auparavant. Sous l’influence de l’alcool, on ose plus, on est moins timide.

Avec la consommation d’alcool il y a souvent des dérapages, des violences, des viols, des comas éthyliques, des accidents graves, voire des décès.

La loi vise à la protection de la dignité humaine. Même si le jeune est consentant le bizutage reste un délit puni par la loi et les bizuteurs encourent des sanctions pénales avec inscription au casier judiciaire.

Le bizutage apprend l’irrespect et incite à croire que cet irrespect est chose normale.

Il introduit une grave confusion entre hiérarchie des fonctions et hiérarchie des personnes.

Il n’y a pas de « gentil bizutage ». Tous les bizutages sont contraires à la dignité humaine parce qu’ils portent atteinte à l’intégrité physique et/ou morale des personnes.

Les citoyennes et citoyens sont égaux·les en droits, devoirs et dignité : le bizutage nie ce principe.

La dignité humaine est inviolable, elle doit être respectée et protégée.